Retrouvez le replay du RDV du Biodéchet #2 avec Xavier Passemard et Grégory Lannou
13 avril 2021

Transformer des biodéchets en bioressources, rêve ou réalité ? Retrouvez l’intervention de Xavier Passemard, président Biométhane chez GRDF et de Grégory Lannou, président de Biogaz Vallée.

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Mardi 6 Avril, nous nous retrouvions pour une conversation avec deux acteurs clés de la filière du biodéchet. Retrouvez-vous ci-dessous le replay à diffuser à vos équipes !

Compléments de réponses à vos questions

Les questions étaient nombreuses, et comme promis, vous trouverez ci-dessous les réponses à celles que nous n’avons pas eu le temps d’aborder en direct

Pourriez-vous nous informer sur la mise au point du prochain tarif de rachat de biométhane pour les unités produisant > 300 Nm³/h? Quel calendrier? Quels tarifs envisagés (en €/MWh)? Les unités > 300 Nm3/h ne sont pas concernées par les tarifs d’achat en guichet ouvert révisés dans une version provisoire le 23 novembre 2020 (voir liens ci-dessous) . Elles seront en revanche concernées par un mécanisme d’appels d’offre et plus exactement pour les projets de plus de 25 GWh/an. La DGEC prévoit d’ouvrir 2 AO/an de 350 GWh chacun. Les modalités de ces AO ne sont pas encore connues, elles sont attendues à l’issu du retour de la commission européenne, à priori courant juin en même temps que le retour sur la validation en version pérenne des tarifs à guichet ouvert des projets < 300 Nm3/h. Dans le cadre des AO, le tarif de production de biométhane devra être conforme à une trajectoire comprise entre 60 et 80 euros/MWh max selon les dispositions de la dernière PPE .

Pour rappel – Conditions tarifaires en version provisoire des nouveaux tarifs d’injection du biométhane dans les réseaux pour projet < 300 Nm3/h :

Quelle taille d’unité en tonne doit-on envisager pour conserver une véritable efficacité énergétique ? Coût énergie de la collecte VS production de gaz ? L’évaluation de la consommation énergétique de la collecte dépend fortement de la configuration du territoire, du type de collecte (porte à porte ou PAV) et de la zone de chalandise de l’unité de traitement vis-à-vis de son implantation. L’exercice est valable au cas par cas. Le biométhane produit à partir de la méthanisation des biodéchets peut dans tous les cas faire rouler les camions de collecte pour un usage énergétique plus durable et conforme aux objectifs des territoire en terme de mobilité . A raison d’une consommation de 254 MWh/an pour un camion roulant au BioGNV, un gisement de 2000 à 3000 t/ an (BMP biodéchets = 100 Nm3/t matière brute, et facteur conversion PCS = 10,8) de biodéchets collectés pourrait donc couvrir les besoins énergétiques d’une flotte d’une 10aine de camion de collecte et émettre 80 % en moins de GES par rapport au diesel . Des unités de méthanisation agricole territoriale peuvent tout à fait répondre à cet objectif, pour exemples les sites AGRIVALOR (67), LIGER (56), ou encore METHAMOLY  qui traitent un mix de biodéchets collectés et d’intrants agricoles, il n’y a donc pas de taille d’unité spécifique pour accepter ces biodéchets dans une logique territoriale. En revanche, si l’on raisonne uniquement sur une méthanisation 100 % biodéchets , à dire d’expert le seuil de rentabilité de telles unités se situe autour de 15-20000 t/an.

Quelle garantie y aura-t- il sur le collecte porte à porte sur des petites communautés de communes de biodéchets « sain », soit absent de tout développement de nuisible / asticot / autre qui les rendrait impropre à la filière méthanisation ? La garantie d’une collecte de qualité tient autant dans les solutions process disponibles sur le marché ( déconditionnement) et pour certaines obligatoires comme l’étape d’hygiénisation, que de solutions logistiques le gisement de biodéchets ayant la particularité d’être fortement biodégradable, la performance de gestion de ces flux dans le temps est aussi importante que le reste des briques de mobilisation et source d’innovation pour alimenter ce marché émergent.

Existe-t-il des opérateurs de biodéchets hors collecteurs habituels pour assurer logistiquement parlant le ramassage à travers la France ? Il existe des acteurs de la collecte très locaux qui se sont développés selon les opportunités de leur territoire et leur typologie (présence d’IAA , zone plus ou moins forte d’activités économiques et donc de restauration.) GRDF n’est pas en mesure de fournir une liste exhaustive de ces acteurs à date, l’AMI « Biodéchets » qui sera lancé d’ici mai devrait recenser des solutions innovantes ou à minima engagée sur cette brique « collecte ». Les territoires peuvent impulser eux-même l’innovation locale sur la collecte des biodéchets ainsi que sur toutes les autres briques. L’ADEME comme les régions peuvent appuyer au financement de ces initiatives.

Est-il envisageable de centraliser les collectes de biodéchet par les communes en partenariat avec des méthaniseurs ? J’imagine des containers de stockage et une récompense à octroyer à ceux qui participe à l’effort collectif. Oui c’est envisageable et les territoires pour expérimenter ce type de solution sont recherchés. Plusieurs solutions se développent dans l’objectif de centraliser les flux collectés et de maitriser la logistique de ces flux fortement fermentescibles. L’AMI biodéchets de GRDF tâchera d’en identifier un plus grand nombre au bénéfice du déploiement du tri à la source pour les collectivités et son territoire, de la méthanisation et de la production de gaz vert. Pour exemple on peut d’ores et déjà citer des solutions de stockage sous vide des biodéchets pour maîtrise des odeurs, du pouvoir de dégradation et donc du potentiel méthanogène de ces flux collectés. Mais également de PAV intelligents qui collectent les biodéchets et les convertisse en valeur énergétique, dans le double intérêt de la sensibilisation des citoyens et de leur engagement au geste de tri et de la collectivité pour pérenniser ce geste de tri  et assurer une gratification à partir de la digitalisation des données.  

Ne manquez pas le prochain RDV du Biodéchet le 8 Juin 2021 à 14h

Pour ce troisième RDV, Serge Ninoreille, de la Compostière de l’Aube, partagera son experience d’exigence de qualité du retour au sol. Inscrivez-vous ici !

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